5 heures...
Posté le 19.12.2007 par natine

Il est maintenant 6 heures et déjà une heure que le sommeil fait encore défaut...Bon anniversaire à ma soeur qui aujourd'hui fête ses 40 ans. Nous allons passées la voir mais ce matin j'ai envie de le faire déjà par le biais du net car elle doit dormir à points fermées...
La période n'est pas simple en ce moment, je ne sais pas si se sont les fêtes de fin d'année qui remuent les souvenirs...ou l'absence de travail...ou la maison qui va se vendre...Je suis face aujourd'hui à des tonnes de décisions...
Je vais vous raconter mon travail car il est la source aujourd'hui principale de mes pleurs...
J'ai débuté le 15.09.2002 dans cet établissement, par mutation, pour rejoindre mon mari qui lui avait été muté de Bordeaux, depuis juillet de cette même année, et nous avions décidé d'être réunis dans la même ville pour nous épargner la distance kilomètrique trajet travail. Cette femme qui aujourd'hui est responsable de mon arrêt de travail et de ma petite santé était déjà en poste et bien implantée mais pas chef. Nous avions à l'époque un surcroît de travail dans une spécialité médicale où les faibles, mêmes les secrétaires, n'ont pas leur place...J'ai été reçu par le chef de service, pour obtenir cette mutation, en dehors des heures d'ouverture du secrétariat...Il m'a demandé si je voulais avoir des enfants, alors à l'époque du haut de 21 ans, j'ai répondu, "je ne sais pas encore", alors la réponse de sa part est tombée "j'espère que non car je ne veux pas d'arrêt de travail pour maternité". Je n'ai jamais pu avoir d'enfant biologique durant ma carrière, je ne le rend pas responsable mais j'ai souvent été en arrêt de travail pour divers traitements pour la stérilité...pas dans son service mais les suivants...et cette femme par téléphone bien sûr, l'année dernière pour m'expliquer pourquoi elle avait préféré donner un poste à horaires fixes 9 h -17 h, à son amie qui prenait la veille l'apéro chez elle et qui n'a aujourd'hui que des chats et cochons d'Inde à s'occuper...m'a dit "tu n'as pas eu le poste car le chef de service m'a dit que tu étais trop en arrêt de travail (j'ai été en arrêt en effet lors de mon passage dans ce service car l'unique grossesse que j'ai eu, a été malheureusement une grossesse extra utérine et le médecin qui m'a opéré a fait une erreur médicale et m'a percé l'artère iliaque...transformant la coelio en cours par une laparotomie, un clampage en urgence de l'artère...transfusion à gogo d'un sang cross-matché...et le lendemain nécessitant 3 heures de bloc...pour désobstruer la fémoro tibiale qui était bouchée par un caillot qui avait migré...(2 mois d'arrêt de travail)...puis FIV à suivre... Comment peut on reprocher à un agent d'être en arrêt de travail pour ces raisons !! alors que l'agent qui est copine compte encore plus d'arrêt de travail que moi...pour dépression...)
Je reviens à cette femme, elle avait déjà bien compris le système, moi non...(dans l'établissement d'où je venais, les agents étaient unis pour le meilleur et pour le pire, sans penser "pousse toi de là que je puisse m'y mettre). J'étais naïve à l'époque de penser que de travailler d'arrache pieds suffirait à être reconnue...Mais pourtant même aujourd'hui, avec des années de travail derrière moi, je continue à penser, l'esprit tranquille..., que j'ai bien fait de ne pas cirer des pompes pour obtenir mon statut, j'écris "cirer des pompes" mais je pourrais aussi rajouter d'autres expressions plus crues...Enfin, j'ai bonne conscience aujourd'hui car je n'ai pas poussé quelqu'un pour m'y mettre, je n'ai rabassé personne pour me valoriser, je n'ai pas fait de mal. Alors cette femme, déjà bien carriériste, bien pomponnée mettait déjà ses atouts féminins en valeur pour obtenir des biens faits...avait déjà une bonne répartie quant ses collègues, qui comme moi parfois lui répondait "je n'ai pas le temps d'attendre que tu finisses ta conversation (privée) avec ta chère collègue mais donne moi, s'il te plait un rendez vous et tu continueras ensuite". Les réponses dans ce cas là étaient déjà virulentes, car à ce genre de personnage qui sait faire des remarques sur les autres, il ne faut pas en faire sur lui...J'ai toujours été une personne qui ne peut pas cacher par son regard l'agacement et aussi dire les vrais mots...J'apprends de plus en plus à ne pas les dire sur le vif de la colère, car j'ai appris qu'ils peuvent blesser...et comme je n'aime pas blesser, j'apprends de plus en plus à les maîtriser et parfois à les taire pour ne pas dédoubler une colère...
Cette femme a continué à se faire une place "au soleil" pendant que nous, petits agents, avec ambition mais pas à la même mesure..., nous avons continué à donner aux patients, à leurs familles, aux médecins, aux collègues, notre patience, notre amour du travail, pour qu'ils puissent trouver un peu d'apaisement face à leur vie qui en un instant a basculé...
Je me vois là, écoutant une femme de beaucoup mon aînée, entourée de sa fille et de toute sa famille dans la tête et l'esprit, pleurer et me raconter sa vie car elle savait qu'après ce rendez vous, sa vie allait basculer...J'espère aujourd'hui qu'elle continue à être cette super mamie dans sa tête et son corps et qu'entourée des siens elle se bat pour guérir...
Je revois aussi, cette jeune fille, venue consulter pour un simple problème de genou, lié à une reprise sportive, à l'aube de son mariage et qui grâce à une radio demandée en dernière limite de consultation, s'est retrouvée dans un lit, liée par la main à son futur mari et à son papa...a qui il a été annoncé un grave problème de santé...je l'ai revue souvent malgré mes changements de service et un simple regard entre nous faisait le lien...Elle pleurait dans le couloir commun à tous passages, enlacée dans les bras de son futur mari et de son papa...et là j'ai sollicité auprès du cadre, l'ouverture de la salle de réunion, pour qu'au moins elle puisse pleurer et se laisser aller sans avoir les multiples regards de curiosité, parfois mal placés..
Je ne vais pas tout vous citer, mais j'ai tellement galéré dans ma vie privée et professionnelle, que cela m'a rendu sûrement plus sensible et humaine que cette femme destructrice...Je pleure ce matin, de vous raconter cela, alors je vais m'arrêter pour l'instant d'écrire...il est 6 h 40 et le froid du matin me gagne, alors je vais aller déjeuner, attendre que ma puce se réveille tranquillement pour l'accompagner au basket.
A tous mes collègues, aux personnes qui aiment leur travail et tentent de le faire dans la sérénité et l'esprit calme, je vous dédie ces quelques mots laissés sûrement pour qu'un jour je puisse les réunir vraiment et entamer une démarche admnistratrive...qui aujourd'hui n'est pas encore débutée...Je me retrouve à devoir choisir entre "être en congé maladie longue durée" conseillé vivement ou "reprendre mon activité"...A 37 ans, doit on se retrouver confronté à te tels choix...Je vais dire que pour aujourd'hui que je suis vivante et que de pleurer et de devoir faire des choix c'est être là et que la vie est un éternel combat...Je ne suis pas une personne qui aime profiter du système mais qui n'accepte pas aujourd'hui de devoir être à la charge de la société car j'ai encore des ressources et pleins d'idées pour rester connectée avec le monde du travail...on ne flanche pas dans ma famille mais on continue contre vents et marées...on ne doit pas s'écouter...on doit rebondir et continuer...malgré tout...Comment accepter de se reposer même un peu quand la seule référence adulte depuis la petite enfance, continue à avancer...malgré les déboires...
bonne journée à vous et merci encore de m'avoir lu et d'être là...
--
:: Poster un commentaire
Ce
blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus